Football : une sélection «nationale» corse ? Pour Le Graët, c’est non !

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7897839_a1d0ee92-bdaf-11e8-9c25-be3aae6acc9c-1_1000x625L’Assemblée de Corse a voté ce vendredi une motion pour entamer des démarches « à une éventuelle adhésion de la Corse à la Fifa ».

Pourra-t-on voir la sélection corse participer à une compétition officielle, voire à une Coupe du monde ? C’est ce qu’espère le groupe nationaliste Femu a Corsica, qui a fait voter une motion à l’Assemblée de Corse ce vendredi réclamant l’adhésion de l’île à la Fédération internationale de football (Fifa). Cette requête, permise par les statuts de l’instance, a-t-elle une chance d’aboutir ?

En réalité, si les règles de la Fifa prévoient « qu’avec l’autorisation de l’association membre du pays dont elle dépend, une association d’une région n’ayant pas encore obtenu l’indépendance peut demander l’admission à la Fifa », peu ont obtenu le précieux sésame.

En France, c’est la Fédération Française de Football (FFF) qui est chargée de donner cette fameuse autorisation. Et par le passé, elle a déjà refusé l’adhésion de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique.

Ces départements ont néanmoins obtenu leur place au sein de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), affilée à la Fifa. Mais seule la Polynésie, depuis 1990, et la Nouvelle-Calédonie depuis 2004 peuvent se targuer de participer aux phases qualificatives de la Coupe du monde.

« Je suis très content de cette demande, cela fait des années que nous la réclamons. Le chemin est long, nous le savons. Lorsque nous étions étudiants et que nous entendions le docteur Simeoni (Edmond Simeoni, ancien leader nationaliste, NDLR) dire qu’un jour il y aurait une université corse, personne n’y croyait ! Comme quoi les rêves les plus fous peuvent arriver ! », explique au Parisien André Di Scala, confiant président de la sélection corse, la Squadra Corsa. « Je pense que ça pourrait être l’occasion de rassembler la jeunesse et d’enterrer les vieilles rivalités », poursuit-il. Et peut-être, espérer des retombées financières pour le football corse qui souffre, selon lui.

Mais du côté de la Fédération française de football, aucun espoir ne semble permis. « On ne dira pas oui. Le jour où la Corse aura un statut différent, peut-être. Mais la FFF ne peut pas décider à la place de l’Etat. La Guadeloupe, la Martinique, comme la Corse, c’est la France », répond au Parisien Noël Le Graët, président de la FFF.

Car personne n’ignore le côté politique de la demande. « Evidemment qu’il y a un aspect politique. Mais faut-il s’en offusquer ? La politique est partout dans le sport. Il ne faut pas surpolitiser cette question. Nous voulons comprendre pourquoi d’autres territoires, dépendants de la France aussi, ont le droit à une représentation internationale, et pas nous ! Il ne s’agit pas d’une déclaration d’indépendance. Notre demande est légitime. Nous voulons nous rapprocher des instances et connaître les droits et les devoirs qui nous incomberaient si nous étions reconnus », confie Romain Colonna, membre de Femu a Corsica et auteur de la motion.

Et si, secrètement, beaucoup rêvent aussi d’une nouvelle affiche Corse-France à l’image du match de 1967 (remporté par la Squadra Corsa 2-0), « il ne s’agit pas d’aller mettre en danger l’équipe de France championne du monde », sourit Alain Di Scala.

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