Collectivité de Corse : à la jeunesse et au sport, l’embauche qui ne passe pas…

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De l’avis même d’un responsable syndical, « c’est une tache dans la maison de cristal ». D’autres agents osent le mot : un « copinage » à la tête de l’institution.

En cause : l’embauche, fin 2017, de Sylvie Gasnier en qualité de chargée de mission de catégorie A à la jeunesse et au sport, placée sous la direction de la conseillère exécutive Lauda Guidicelli.

Problème : l’heureuse élue n’est autre que la compagne du tout nouveau directeur général des services (DGS) de la collectivité, Jean-Louis Santoni, recrutée en externe sans passage par la case bourse à l’emploi. Le précédent en la matière n’est d’ailleurs pas passé inaperçu : sous la mandature Giacobbi, l’ancien DGS, Thierry Gamba-Martini, s’était également attaché les services de son épouse, emmenée dans ses valises depuis l’ex CD 2B auprès de la direction générale. « On a l’impression que de veilles pratiques sont de retour », ricane un cadre administratif entré à la CTC sous l’ère Giacobbi.

Sylvie Gasnier, fonctionnaire détachée du ministère des Sports, a d’ailleurs officiellement intégré la maison CTC dès novembre dernier, avant même la disparition de la structure, en provenance de la mairie de Bastia où elle avait déjà suivi son époux en intégrant la direction du service de la « démocratie participative » lorsque ce dernier avait été nommé DGS de la municipalité par Gilles Simeoni en 2014.

Visiblement gêné aux entournures, le STC y voit avant tout la nomination « d’une fonctionnaire d’Etat compétente », selon Patrick Clémenceau, leader du syndicat nationaliste de la collectivité, qui réclame toutefois « la transparence et l’équité la plus totale ».

« L’affaire » a rebondi dans la sphère politique, jusqu’à susciter l’émoi dans le camp nationaliste. Candidat malheureux de Pè a Corsica aux législatives de juin dernier et militant de longue date, Jean-Paul Carrolaggi n’y va pas de main morte : « Tout ce qu’on a combattu pendant quarante ans au nom de la moralisation de la vie publique, nous le reproduisons en faisant pire qu’avant, s’indigne-t-il. L’an dernier, des élus ont refusé d’embaucher des prisonniers politiques et là, à peine arrivé, le nouveau DGS embauche sa femme, sans besoins, sur un poste spécialement créé pour elle. Lorsque l’on prétend laver plus blanc que blanc, il faut montrer l’exemple… » Ambiance.

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